J'ai fui, : viens. C'est dans l'ombre Que nous nous réchauffons. J'habite un pays sombre Plein de rêves profonds.
Les récits de grand-mère Et les signes de croix Ont mis une chimère Charmante dans les bois.
Ici, sous chaque porte, S'assied le fabliau, Nain du foyer qui porte Perruque in folio.
L'elfe dans les nymphées Fait tourner ses fuseaux ; Ici, l'on a des fées Comme ailleurs les oiseaux.
Le conte aime des chaumes, Trouve au bord des chemins, Parfois un nid de gnomes, Qu'il prend dans ses deux mains.
Les follets sont des drôles Pétris d'ombre et d'azur, Qui font au creux des saules Un flamboiement obscur.
Le faune aux doigts d'écorce Rapproche par moments Sous la table au pied torse Les genoux des amants.
Le soir un lutin cogne Au plafonds des manoirs ; Les étangs de Sologne Sont de pâles miroirs.
Les nénuphars des berges Me regardent la nuit ; Les fleurs semblent des vierges ; L'âme des choses luit.
Victor Hugo.
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